Les Technologies de l’Information et de la Communication (TIC) occupent aujourd’hui une place centrale dans les activités économiques, sociales, éducatives et culturelles. Elles offrent aux citoyens des opportunités inédites d’accès à l’information, de communication, de participation à la vie publique et de partage des connaissances.
Cependant, l’essor rapide du numérique et l’usage massif d’Internet s’accompagnent également de nombreux risques pour les usagers. Les espaces numériques sont devenus des environnements où circulent divers contenus et pratiques susceptibles de porter atteinte aux droits et à la sécurité des individus. Parmi ces dérives figurent notamment le cyberharcèlement, le grooming, la diffusion de contenus illicites ou inappropriés, la violation et l’utilisation abusive des données personnelles, la radicalisation en ligne, ainsi que les abus et exploitations sexuels.
Les couches vulnérables de la population, en particulier les enfants, les femmes et les personnes âgées, sont particulièrement exposées à ces menaces dans le cyberespace. Face à ces risques croissants, les pouvoirs publics camerounais ont engagé plusieurs initiatives visant à renforcer la protection des citoyens dans l’environnement numérique.
Dans cette perspective, un projet de loi portant Charte de protection des enfants en ligne, défendu par le Ministre des Postes et Télécommunications devant les deux chambres du Parlement, a été adopté. Cette initiative a conduit à l’élaboration d’un Plan d’Action National pour la Protection des Enfants en Ligne, piloté par le Ministère des Postes et Télécommunications (MINPOSTEL) en collaboration avec les administrations et partenaires concernés.
Toutefois, malgré ces avancées, la lutte contre les contenus illicites en ligne nécessite la mise en place de mécanismes opérationnels permettant aux citoyens de signaler facilement les contenus ou comportements préjudiciables rencontrés sur Internet, et aux autorités compétentes d’en assurer le traitement rapide et efficace.
C’est dans ce contexte que le MINPOSTEL envisage la mise en place d’une Plateforme Nationale de Signalement des Contenus Illicites en Ligne (PNSCIL). Cette plateforme constituera un outil stratégique permettant de centraliser les signalements des contenus illicites diffusés sur Internet, d’améliorer la coordination entre les différentes parties prenantes et de faciliter les actions de prévention, de retrait et de poursuite lorsque cela est nécessaire.
La mise en œuvre de cette plateforme poursuit notamment les objectifs suivants :
- Protéger les droits et libertés des citoyens : garantir la sécurité numérique des utilisateurs et préserver leur dignité, leur image et leurs données personnelles ;
- Faciliter le signalement des contenus illicites : offrir aux internautes un mécanisme accessible et sécurisé pour signaler les contenus ou comportements illégaux rencontrés en ligne ;
- Renforcer la lutte contre la diffusion de contenus illicites : améliorer la détection, l’analyse et le traitement rapide des contenus signalés ;
- Améliorer la sécurité de l’espace numérique national : contribuer à un environnement numérique plus sûr pour tous les usagers, notamment les populations vulnérables ;
- S’aligner sur les bonnes pratiques et normes internationales en matière de régulation des contenus en ligne et de protection des droits de l’homme dans l’espace numérique.
Ainsi, la Plateforme Nationale de Signalement des Contenus Illicites en Ligne s’inscrit comme un dispositif clé de la stratégie nationale de cybersécurité et de protection des usagers du cyberespace au Cameroun.
Le Cabinet ou bureau d’études aura pour mission d’exécuter les activités suivantes:
Activité 1: Collecte des données et d’analyse des informations (Recensement des instruments juridiques et analyse des mécanismes de leurs mises en œuvre ; Consultations et entretiens avec les parties prenantes)
Activité 2: Benchmark des bonnes pratiques (Identification des expériences internationales pertinentes et Analyse des bonnes pratiques et enseignements tirés)
Activité 3: Fourniture des éléments de conception de la plateforme
A partir des études issues de la collecte des données et du benchmark, le prestataire devra :
- proposer une architecture technique de fonctionnement de la plateforme, cette architecture devra être fiable, sécurisée et évolutive garantissant la confidentialité des signalements, la protection des données personnelles et la traçabilité des traitements ;
- proposer une architecture logicielle de la plateforme intégrant les fonctionnalités issus des besoins exprimés dans l’activité 1;
- présenter les fonctionnalités nécessaires permettant le signalement, la gestion, le traitement et le suivi des contenus illicites par les citoyens, les autorités compétentes et les partenaires concernés ;
- proposer les possibilités d’interconnexion et d’échange de données entre la future plateforme nationale et les systèmes d’information des institutions partenaires (forces de sécurité, autorités judiciaires, régulateurs, plateformes numériques, opérateurs de télécommunications, etc.), afin de faciliter la transmission, le traitement et le suivi des signalements ;
- définir les procédures de réception, de qualification, de transmission et de traitement des signalements entre les différentes institutions compétentes ;
- proposer des options d’hébergement de la plateforme ;
- identifier les ressources humaines, techniques, organisationnelles et financières nécessaires pour le développement, l’exploitation et la maintenance de la plateforme ;
- définir un dispositif de gouvernance permettant une coordination efficace entre les institutions impliquées dans la lutte contre les contenus illicites en ligne ;
- proposer une stratégie de sensibilisation et de communication visant à informer les citoyens sur l’existence de la plateforme, les encourager à signaler les contenus illicites et promouvoir un usage responsable d’Internet ;
- proposer une stratégie de pérennisation de la plateforme.
Activité 4: Estimation des coûts de développement de la plateforme
Le prestataire devra faire une analyse afin de proposer une estimation de coût de mise en place de la plateforme.
Il devra élaborer les éléments de maturité relatifs au développement et au déploiement de la solution à savoir :
ü les TDR assortis d’une feuille de route de développement de la plateforme ;
ü la note conceptuelle relative à la mise en place de cette plateforme.
Pour faire acte de candidature, les Cabinets ou Bureaux d'Etudes, devront justifier d’une compétence avérée et une expérience pertinente dans les domaines des TIC, de la sécurité des réseaux et des systèmes d’information et le développement d’applications et des logiciels.
Les prestations objet du présent Appel à Manifestation d’Intérêt seront financées par le Compte d’Affectation Spécial du Trésor pour les Activités de Sécurité Électronique (FSE), Exercice 2026.
Les dossiers de candidature devront être transmises par le soumissionnaire sur la plateforme COLEPS. Chaque offre rédigée en français ou en anglais devra faire l'objet d'une soumission en ligne au plus tard le 04 mai 2026 à 14 heures précises, heure locale, à l’adresse www.marchespublics.cm. Dans les mêmes délais, une copie de sauvegarde dudit dossier enregistrée sur clé USB ou CD/DVD et sous pli scellé sera déposée au Ministère des Postes et Télécommunications, Direction des Affaires Générales (Service des marchés publics 1er étage, porte 162), avec la mention :
AVIS D’APPEL A MANIFESTATION D’INTÉRÊT
N°000000010/AMI/MPT/SG/DAG/SDBM/SMA/2026 DU 02 AVRIL 2026, POUR LA PRESELECTION DES CABINETS OU BUREAUX D’ETUDES EN VUE DE LA REALISATION DE L’ETUDE DE MISE EN PLACE DE LA PLATEFORME NATIONALE DE SIGNALEMENT DES CONTENUS ILLICITES POUR LA PROTECTION DES ENFANTS EN LIGNE.
« A n’ouvrir qu’en séance de dépouillement »
Les dossiers de candidature sont divisés en deux sections et comprennent les pièces administratives (Section 1) et le Dossier technique (Section 2), enregistrés sur clé USB ou CD/DVD.
Section 1 : Pièces administratives
Cette section comprend les pièces administratives (originales ou leurs copies certifiées conformes datant de moins de trois (03) et valables pour l’exercice en cours) suivantes :
a) Lettre de motivation dûment signée du soumissionnaire ;
b) Attestation d’immatriculation (NIU);
c) Copie du registre du commerce, certifiée au greffe du tribunal de 1ère instance ;
d) Attestation de conformité fiscale ;
e) Attestation de soumission signée par la Caisse Nationale de prévoyance sociale;
f) Attestation de non faillite (original ou copie certifiée par le greffe du tribunal de 1ère instance ;
g) Attestation de non exclusion des marchés publics délivrée par l’ARMP ;
Section 2 : Dossier technique
L’enveloppe B contiendra les informations suivantes :
- la présentation du cabinet ainsi que les domaines d’action et d’intervention ;
- la liste du personnel-clé proposé avec les copies des diplômes et des CV signés par chaque expert ;
- les références du Cabinet d’Etudes dans la réalisation des prestations similaires datant de moins de cinq (05) ans ;
- la compréhension du mandat de mission (TDR).
6.1. Critères éliminatoires :
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N° |
Désignations |
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01 |
Dossier administratif incomplet |
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02 |
Fausse déclaration, document falsifié |
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03 |
Note technique inférieure à 75 points sur 100 |
En cas de groupement, tous les membres dudit groupement devront présenter les pièces b), c), d), e) et f).
6.2.Critères de qualifications
a) Expérience générale du cabinet ……………………………………………30 points.
Au moins deux références dans la conception, le développement, le déploiement et la sécurisation des systèmes d’information de complexité similaire (applications, logiciel et progiciel) réalisées au cours des cinq (05) dernières années. …(15 points par référence).
b) Compréhension du mandat de mission (TDR)………...…………………..20 points .
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N° |
Désignation de l’activité |
Note |
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1 |
Qualité de la solution proposée (Adéquation de la solution aux objectifs spécifiques, richesses fonctionnelles additionnelles, qualité de l’architecture technique) (2 pts) |
/2 |
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2 |
Observations et suggestions sur les TDR (2 pts) |
0,5 pt/commentaire sur le besoin en personnel |
/1 |
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0,5 pt/commentaire sur les TDR |
/1 |
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3 |
Approche méthodologique proposée en adéquation avec les TDR (8 pts) |
Compréhension des objectifs de la mission (la compréhension des objectifs est jugée très bonne lorsque tous ceux-ci sont énumérés et mis en évidence) |
/4 |
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Approche technique et méthodologie d’exécution (cette approche est jugée très bonne lorsqu’elle ne présente aucune ambiguïté) |
/4 |
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4 |
Plan de travail (8 pts) |
Planning de réalisation adéquat des prestations (Cohérence entre l’organisation d travail et le planning de réalisation des prestations) |
/4 |
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Planning de mobilisation du personnel |
/4 |
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NB : Les appréciations ci-après seront portées par sous-critère : -Mauvais =0 ; moyen =2 ; bon=4. |
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c) Qualifications et compétence du personnel clé pour la mission ……………….50 points.
- Chef de mission : Expert en gouvernance du numérique …………………………...15 points.
Etre titulaire d’un diplôme Bac+5 ou Master en informatique ou télécommunications. Justifier d’au moins quinze (15) ans d’expérience professionnelle dans le domaine des TIC, Télécommunications et Informatique, dont cinq (05) ans dans la conduite de projets liés aux TIC ou aux systèmes d’information ou à la transformation numérique. Avoir participé à l’exécution d’au moins trois (03) projets dans le domaine des systèmes d’information, de conception des systèmes d’information de developpement de plateformes au cours des cinq (05) dernières années en qualité de chef de mission. Etre titulaire de la certification Project Management Professional (PMP) et d’au moins l’une des certifications suivantes : CISSP ou CISM ; Cisco Certified Internetwork Expert Security, Cisco.
- Ingénieur en Informatique ………………………….................. 10 points ;
Etre titulaire d’un diplôme Bac+5 ou Master en Télécommunications ou en Informatique, génie logiciel ou systèmes d’information. Justifier d’au moins dix (10) ans d’expérience dans le domaine des systèmes d’information. Avoir participé à la réalisation d’au moins deux (02) projets dans la conception d’architectures applicatives et l’intégration de systèmes au cours des cinq (05) dernières années. Etre titulaire de certifications en sécurité des réseaux (PECB, ISACA, EC-COUNCIL…).
- Expert en cybersécurité et protection des données……………….................. 10 points ;
Etre titulaire d’un diplôme Bac+5 ou Master en télécommunications, cybersécurité, sécurité informatique. Justifier d’au moins dix (10) ans d’expérience dans le domaine de sécurité de réseaux et cybersécurité. Avoir participé à la réalisation d’au moins deux (02) projets de sécurité des systèmes d’information ou de mise en œuvre de politiques de sécurité et de protection des données au cours des cinq (05) dernières années. Etre titulaire de deux (02) certifications en sécurité des réseaux (PECB, ISACA, EC-COUNCIL…). CISSP ou CISM ; Cisco Certified Internetwork Expert Security, Cisco Certified Network Associate.
- Expert en analyse des processus et transformation numérique………………......... 05 points ;
Etre titulaire d’un diplôme Bac+5 ou Master en systèmes d’information ou management.
Justifier d’une expérience professionnelle d’au moins dix (10) ans dans l’analyse et la modélisation des processus. Avoir participé à la réalisation d’au moins deux (02) projets dans la conception de workflows et la transformation numérique des organisations.
- Expert en communication et sensibilisation numérique……………….……......... 05 points ;
Etre titulaire d’un diplôme Bac+5 ou Master en communication ou sciences sociales.
Justifier d’une expérience professionnelle d’au moins cinq (05) ans dans la communication institutionnelle ou les campagnes de sensibilisation. Avoir participé à la réalisation d’au moins deux (02) projets dans la conception de workflows et la transformation numérique des organisations au cours des cinq (05) dernières années.
- Expert juriste en droit du numérique et cybersécurité……………………..…......... 05 points ;
Etre titulaire d’un diplôme Bac+5 en droit. Justifier d’une expérience professionnelle d’au moins cinq (05) ans dans les questions juridiques liées aux TIC, à la cybercriminalité, à la protection des données et à la régulation des contenus en ligne. Avoir participé à la réalisation d’au moins une ou deux projets en droit du numérique, droit des TIC ou cybersécurité au cours des cinq (05) dernières années.
NB : Le personnel proposé par le Candidat ne sera évalué que si les justificatifs ci-après ont été produits : copie certifiée du diplôme, curriculum vitae dûment signé et daté par l’expert, justificatifs des expériences déclarées (Contrat travail/certificat de travail/ Attestation de service …).
Récapitulatif des critères de qualification
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N° |
Critères |
Points |
|
1 |
Expérience générale du cabinet (Références dans les prestations similaires) |
30 |
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2 |
Compréhension du mandat de la mission |
20 |
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3 |
Qualification et compétences du personnel pour la mission |
50 |
|
Total |
100 |
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NB : Seuls les candidats ayant totalisé, à l’issue de l’évaluation, une note technique au moins égale à 75 points sur 100, seront retenus pour participer à l’appel d’offres restreint.
Les candidats intéressés peuvent obtenir des renseignements complémentaires auprès au Ministère des Postes et Télécommunications, Direction de la Sécurité des Réseaux et des Systèmes d’Information, bâtiment annexe porte 108. Tél : 222 23 29 75 / 242 74 27 67.
Le résultat du présent Avis d’Appel à Manifestation d’Intérêt sera publié dans le JDM et sur la plateforme COLEPS./-